Mythe : les zones rurales sont toutes alimentées par l’énergie alternative

Réalité : un grand nombre de familles et d'entreprises rurales sont hors réseau et doivent donc opter pour des solutions alternatives. Mais en réalité, le choix se fait souvent entre les technologies polluantes (charbon, bois ou mazout) et des énergies renouvelables qui ne sont pas suffisamment soutenues par l'État pour être réellement viables.

Informations

23/07/2010

LES ZONES RURALES SONT TOUTES ALIMENTEES PAR L’ENERGIE ALTERNATIVE, UN MYTHE

FREE Belgium réclame plus d’attention pour l’alimentation en énergie dans les zones rurales à l’occasion de la Foire de Libramont

Libramont, 23 juillet 2010 – Affirmer que les zones rurales disposent déjà d’énergie alternative en suffisance est un mythe. En réalité, un grand nombre d’entreprises et ménages ruraux en Wallonie sont souvent hors réseau et doivent souvent opter pour des combustibles polluants par la force des choses. L’initiative FREE ‘Future of Rural Energy in Europe’ souhaite profiter de la Foire de Libramont pour attirer l’attention du monde politique sur leurs besoins énergétiques spécifiques ainsi que sur l'accès à un mix énergétique diversifié.

« La Foire de Libramont constitue la plateforme idéale pour attirer l’attention sur l’avenir et l’importance de l’énergie durable dans les zones rurales, » déclare Paul Verwilghen, porte-parole de FREE Belgium. « Les communautés rurales ont en effet plus souvent une empreinte CO2 plus importante que leurs homologues urbaines, notamment en raison de l’absence de choix énergétique. Et l’initiative FREE souhaite précisément plaider pour un approvisionnement en énergie décentralisé et plus efficace qui permet un mix de combustibles fossiles plus propres et des solutions énergétiques durables. Cette transition énergétique ne pourra se faire que moyennant une approche ‘ET-ET’. »

FREE peut compter sur le soutien de différentes organisations et entreprises du secteur (Glass for Europe, AEGPL Europe, Cogen europe, Podlaskie, Baxi Group, Young Farmers of Europe,…). Loïc Driebeek, représentant de SHV Gas, initiateur de FREE : « Nous sommes heureux de constater que l’initiative FREE peut d’ores et déjà compter sur une attention et un soutien importants. L’initiative FREE donne une voix à ceux qui croient que les besoins ruraux en énergie sont un sujet qui compte, à la fois pour les habitants des campagnes et pour la société européenne dans son ensemble. Plus de 50% de tous les citoyens européens résident en effet à la campagne sur une surface de plus de 90% du territoire européen et représentent 43% de la valeur brute de l’Europe. ”

« Une législation claire peut contribuer à la réalisation des objectifs énergétique. En tant que président actuel de l’Union européenne, la Belgique doit jouer un rôle moteur dans ce domaine, » ajoute Paul Verwilghen. Nos hommes politiques devraient formuler des objectifs communs, clairs et réalisables et FREE souhaite les y aider. La Belgique et l’Europe ne pourront réaliser des économies d’énergie et les objectifs 20-20-20 que moyennant la bonne législation.

Sur le stand Free à Libramont les initiateurs souhaitent collecter un maximum d’informations sur la problématique de l’énergie durable en zone rurale et diffuser des informations sur les nombreuses initiatives (Communes Clim’actives, OHEY : Une commune energ’éthique,...) qui existent déjà afin de réduire l’empreinte CO2 et valoriser au mieux toute forme de déchet naturel.

ENERGIE pour tous

Ces dernières années, la problématique de l’énergie a fortement gagné en importance. Les pouvoirs publics, le secteur de l’environnement et de l’énergie diffusent un message incitant à l’utilisation rationnelle de l’énergie. Pour certains, les conséquences pratiques de l’approche actuelle ne seront perceptibles qu’à terme, d’autres y sont d’ores et déjà confrontés. Nombreux sont ceux qui ont vu leur facture d’énergie augmenter, mais une grande partie de la population et des décideurs politiques sont encore (trop) peu conscients des problèmes actuels.

L’initiative FREE ‘Future of Rural Energy in Europe’ se fait le porte-parole de quiconque considère qu’une politique énergétique rurale est non seulement importante pour les habitants de la campagne, mais également pour la société européenne dans son ensemble. Diverses organisations et entreprises du secteur ont réuni leurs forces pour en convaincre les décideurs politiques et les inciter à agir.

La problématique diffère en fonction du pays et même de la région. La Belgique dispose de peu d’énergie hydraulique et n’a plus aucune source d’énergie fossile économiquement exploitable sur son sol. Mais les combustibles fossiles de la planète se raréfieront petit à petit au cours du vingt et unième siècle. Le futur des énergies rurales réside dès lors dans un mix énergétique précis, diversifié et propre.

Faits et chiffres

  • En France, 5 millions de résidents ruraux n’ont pas les moyens de payer le chauffage et l’éclairage, souvent à cause du manque d’efficacité énergétique.
  • En Wallonie, 17.000 exploitations agricoles sont réparties sur 760.000 hectares, soit pas moins de la moitié du territoire de la région wallonne. Ces exploitations représentent 680 millions d’euros de valeur ajoutée.
  • Au Danemark la plupart des habitants de zones rurales ou isolées ne sont pas connectées au réseau national de chauffage ou de gaz naturel qui couvre pourtant 75% du pays.
  • 15 % de la population allemande vit dans des communautés rurales. Pourtant, celles-ci produisent 57 % du PIB.
  • En Irlande, l’agriculture représente seulement 25 % de la main d’œuvre rurale
  • En Italie, 74 % des résidents ruraux utilisent le polluant mazout domestique pour chauffer leur maison.
  • La Pologne compte 4,4 millions de ménages ruraux, avec une immigration dépassant désormais l’émigration.
  • 70 % de la population rurale du Royaume-Uni pense que son gouvernement se soucie davantage des zones urbaines que de la campagne.

Sources

Outre l’énergie hydraulique, éolienne et solaire, il existe également une série de combustibles conventionnels qui sont moins polluants que les sources d’énergie classiques. Le gaz naturel est moins polluant que le mazout et le lpg (butane et propane), est également une alternative moins polluante. La cogénération consomme encore du combustible, mais la chaleur libérée pendant la production d’électricité est également récupérée. Cette alternative est populaire depuis longtemps déjà dans la chimie, dans l’agriculture et dans l’horticulture, mais son utilisation par des ménages n’est que toute récente étant donné que les installations appropriées, plus petites, ne sont disponibles que depuis peu sur le marché belge.

Distribution

Outre les sources d’énergie, il convient également de considérer leur distribution. Dans des zones densément peuplées et urbanisées, la mise en place d’un réseau de distribution d’électricité et de gaz finement maillé demande moins d’investissement – en raison du temps de récupération plus rapide – que dans des zones rurales où les réseaux doivent parcourir de plus longues distances par utilisateur final. Le choix de raccorder certaines régions aux réseaux de distribution n’est pas uniquement économique, mais également partiellement politique. Parfois, il s’agit de maisons de vacances ou de villas isolées dans la nature, mais souvent également de zones agricoles peu peuplées ou de zones où la présence d’un cours d’eau constitue par exemple une barrière technique trop chère à franchir.

Production décentralisée

La production locale d’énergie est une réponse essentielle au problème. Elle permet non seulement une certaine sécurité d’approvisionnement, mais réduit également la dépendance des fournisseurs étrangers. Dans le cas de l’électricité, cette solution évite également les pertes d’énergie considérables pendant son transport. Ce point mérite également d’être pris en considération par le monde politique. Les procédures actuelles, notamment pour installer des éoliennes, sont trop compliquées. La législation en matière d’utilisation de la biomasse diffère de région en région et apporte son lot d’effets secondaires curieux.

Ainsi, la loi flamande interdit de brûler des déchets biodégradables et verts. On peut toutefois les utiliser pour le compostage, mais pas pour la production d’énergie. Ces déchets peuvent être exportés. Ainsi, de nombreux déchets de taille flamands sont acheminés vers des centrales biomasse en Wallonie, aux Pays-Bas et en Allemagne où leur combustion est permise.

Différences locales

Les possibilités de base diffèrent fortement en fonction de la région. Ainsi, la Wallonie connaît une agriculture extensive, avec la possibilité de cultiver certaines plantes spécifiquement pour la production d’énergie comme c’est déjà le cas dans la centrale de L’Oréal à Libramont. L’agriculture flamande est plutôt caractérisée par un élevage intensif et une agriculture sous serre. Ces dernières années, de nombreux gestionnaires d’énormes entrepôts situés dans la zone portuaire d’Anvers ont installé des panneaux photovoltaïques sur le toit de leurs bâtiments. De telles solutions sont fortement influencées par des mesures de subvention de solutions vertes et des prélèvements sur les sources d’énergie polluantes.

Mix

Pour obtenir un mix de solutions, il ne suffit pas de soutenir ou de taxer les promoteurs ou consommateurs individuels. Il faut également adapter l’infrastructure, car les productions de pointe locales – par exemple un agriculteur possédant un énorme toit solaire – peuvent entraîner des déséquilibres dans le réseau. Jusqu’à présent, ce réseau était conçu dans une seule direction, des grandes centrales vers les consommateurs. La production décentralisée exige des réseaux et des compteurs intelligents, car les pointes seront beaucoup plus nombreuses, par exemple sur des toits ensoleillé et venteux. L’augmentation de la production d’énergie éolienne en mer du Nord ou les grands parcs éoliens sur le sol wallon nécessitent des adaptations dans les réseaux d’électricité.

Réseau de gaz naturel

Même le réseau de gaz naturel doit être adapté. La Belgique importe du gaz naturel à haut pouvoir calorifique (de Norvège et du Moyen-Orient) et à faible pouvoir calorifique (des Pays-Bas). L’importation depuis les Pays-Bas diminuera fortement à l’avenir. Il convient désormais d’adapter ces parties du réseau qui distribuent actuellement du gaz naturel néerlandais, afin qu’elles puissent également distribuer du gaz naturel à haut pouvoir calorifique. A l’heure actuelle, des zones en Flandre et en Wallonie consomment du gaz naturel néerlandais. Mais le raccordement total au réseau de gaz est tout à fait différent dans les deux régions. En Wallonie, environ un ménage sur trois est aujourd’hui raccordé au gaz naturel. Ces raccordements se limitent toutefois à 144 communes wallonnes sur 308. La situation est plus favorable pour les grandes entreprises qui sont généralement implantées dans des zones moins rurales. La hausse de la consommation de gaz naturel enregistrée ces quinze dernières années est essentiellement due aux entreprises.

La situation est différente en Flandre. La région compte environ 2,1 millions d’habitations dont 1,9 million sont desservies par le réseau de gaz naturel. Toutefois, seul 1,3 million d’entre elles sont effectivement raccordées.

A propos de SHV Gas

SHV Gas est le premier distributeur mondial de LPG. Le LPG sous la forme de propane et de butane est utilisé comme combustible pour des usages domestiques tels que la cuisine et le chauffage. Il est en outre utilisé dans l’industrie, l’agriculture et comme combustible à des fins de transport. SHV Gas est actif dans 27 pays, emploie 13.500 salariés, affiche un chiffre d’affaires de plus de 5 milliards € et fournit en LPG des dizaines de millions de clients. En tant que filiale de SHV Holdings, la société fait partie d’une entreprise familiale qui fournit de l’énergie aux entreprises et aux consommateurs depuis plus de 100 ans déjà. En Belgique, SHV Gas opère sous le nom de Primagaz. Pour les zones rurales où aucun raccordement au réseau de gaz naturel n’est possible, le LPG associé à d’autres sources d’énergie renouvelables convient parfaitement pour faire la transition de l’approvisionnement en énergie central actuel de combustibles fossiles présentant des émissions de CO2 élevées vers un approvisionnement décentralisé de combustibles fossiles respectueux de l’environnement à faible émission de CO2.

Pour plus d’informations sur l’initiative FREE, surfez sur : http://www.rural-energy.eu

Pour plus d’informations, veuillez contacter : O Sérieux! - Ann Ramaekers – T. 02 772 20 50