Mythe : Les zones rurales sont entièrement consacrées à l’agriculture

Réalité: les communautés rurales sont de plus en plus florissantes et diverses. Seuls 9 % des emplois dans les zones rurales sont dans le domaine agricole. Les services représentent désormais 56 % de l'emploi en zones rurales et 65 % de la valeur économique. Il est plus fréquent de rencontrer un informaticien qu'un agriculteur.

L’énergie rurale

Les politiques énergétiques ont tendance à être écrites par et pour les populations urbaines, sans prendre en considération les populations rurales, qui représentent pourtant la moitié des citoyens européens. Leur capacité à améliorer leur mode de vie et à contribuer à des objectifs sociaux, commerciaux et environnementaux à plus grande échelle s'en trouve limitée.

Les communautés rurales sont importantes... et elles ont besoin d'être aidées.

Les zones rurales représentent 90 % de l'ensemble du territoire de l'Union européenne et 56 % de la population. Elles génèrent 43 % de l'ensemble de la valeur économique, 55 % de l'emploi dans sa globalité. Les communautés augmentent, leur diversité également. Elles couvrent de plus en plus l'ensemble des activités commerciales et des services proposés dans les communautés urbaines. Cependant, les décisionnaires responsables des zones rurales ont tendance à se focaliser sur l'agriculture, certes importante dans l'économie et l'identité des communautés rurales, mais représentant une petite partie (qui va en se réduisant, de surcroît) du tableau général.

Les communautés rurales font face à des défis considérables. Le revenu par habitant est de 21 à 62 % plus faible et, bien que la situation ne soit pas homogène dans l'ensemble de l'Union européenne, le chômage a tendance à être plus élevé également, tout comme la précarité énergétique. Ces communautés ont donc besoin d'aide et de soutien, en particulier en termes d'options énergétiques ; un soutien dont les organismes de réglementation ne lui font actuellement pas bénéficier.

Pourquoi l'énergie rurale est importante.

L'infrastructure des transports, les services publics et l'accès au haut débit sont certes des domaines mieux connus et plus exposés, mais l'alimentation en énergie est tout aussi cruciale pour le développement rural.

Beaucoup de foyers et d'entreprises sont hors réseau, n'ont aucun accès au gaz naturel et, dans certains cas, à l'électricité, ce qui pourrait représenter l'opportunité d'une transition vers l'énergie renouvelable, mais en réalité, l'accès à un bouquet énergétique réellement diversifié est généralement limité. Ce qui signifie que :

  • L'empreinte carbone des communautés rurales est trop élevée, son niveau par personne est souvent plus haut que chez un individu urbain.
  • Les communautés rurales n'ont pas d'autre choix que d'opter pour des sources d'énergie polluantes telles que le charbon, le mazout domestique ou le bois.
  • L'efficacité énergétique domestique est chère, limitée et donc rare. En France, par exemple, la moitié des foyers ruraux datent d'avant 1949 ; sans une incitation à l'isolation plus active et un meilleur accès aux technologies intelligentes, il est probable que ces foyers demeurent inefficaces en termes d'énergie. Tel est le cas dans la plupart des autres pays européens.

Si l'on donne à ces communautés un accès à une plus grande variété de solutions énergétiques, accessibles, peu onéreuses et/ou financées par l'État, celles-ci pourront sortir de la précarité énergétique, le cas échéant, et optimiser leur potentiel.

Quelques chiffres

  • En France, 5 millions de ruraux n'ont pas les moyens de payer le chauffage et l'éclairage, souvent à cause du manque d'efficacité énergétique.
  • La région de l'Ouest du Danemark, plus rurale, émet 63 % des émissions totales de C02 du pays.
  • 15 % de la population allemande vit en communautés rurales. Pourtant, celles-ci produisent 57 % du PIB.
  • En Irlande, l'agriculture représente seulement 25 % de la main d'œuvre rurale.
  • En Italie, 74 % des ruraux utilisent le polluant mazout domestique pour chauffer leur maison.La Pologne compte 4,4 millions de ménages ruraux, avec une immigration dépassant désormais l'émigration.
  • 70 % de la population rurale du Royaume-Uni pense que son gouvernement se soucie plus des zones urbaines que de la campagne.

Que faire ?

Des solutions existent pour répondre au manque d'options énergétiques en milieu rural. D'abord, les politiques énergétiques doivent être réétudiées et/ou développées pour garantir un soutien aux communautés rurales.

C'est aujourd'hui que l'Europe définit son avenir énergétique. Les décisionnaires doivent faire de l'énergie rurale une partie intégrante des politiques afin de rendre l'Europe plus propre, cohérente et vivable pour les citoyens qui résident à la campagne comme pour les urbains. L'énergie rurale doit être au cœur de la stratégie énergétique européenne jusqu'à 2050, prochaine échéance de la politique de cohésion et année de réforme de la PAC.

Avant tout, l'Union européenne doit garantir l'égalité des conditions de concurrence pour les combustibles et technologies propres. Pour cela, il nous faut une taxation sur l'énergie et le carbone, et des incitations financières équitables pour les technologies propres. En outre, la défense d'une production d'énergie et de chaleur plus propre, grâce à des technologies modernes et des applications écoénergétiques, en particulier la microcogénération (micro-CHP, production combinée de chaleur et d'énergie à petite échelle) doit être l'une des priorités des politiques énergétiques rurales. Les consommateurs ruraux peuvent réellement faire la différence pour un environnement plus vert.

Ainsi, de nombreuses options énergétiques existantes pourraient être mises à disposition des utilisateurs d'énergie en milieu rural : combustibles faibles en carbone tels que le GPL pour la cuisine et le chauffage, solutions solaires, micro-CHP, matériaux écoénergétiques. L'ensemble de ces solutions est détaillé ici.