Mythe : Les zones rurales sont entièrement consacrées à l’agriculture

Réalité: les communautés rurales sont de plus en plus florissantes et diverses. Seuls 9 % des emplois dans les zones rurales sont dans le domaine agricole. Les services représentent désormais 56 % de l'emploi en zones rurales et 65 % de la valeur économique. Il est plus fréquent de rencontrer un informaticien qu'un agriculteur.

Nous vivons au-dessus de nos moyens

Par : Graham Russell, 27 avril 2010

Parmi mes souvenirs d’enfance les plus marquants, il y a les journées passées dans la ferme isolée de mon grand-père, dans le Shropshire. La fumée et les odeurs y étaient si différentes de notre nouvelle maison dans les Midlands de l’Ouest, qui est chauffée au gaz. C’était amusant, pendant quelques jours, de garder nos vêtements pour dormir et de tirer les rideaux sur les vitres gelées des fenêtres.

Mais il ne s’agit pas que de souvenirs lointains. 398 000 foyers ne sont toujours pas dotés du gaz naturel et vivent dans la précarité énergétique (autrement dit, ils consacrent plus de 10 % de leurs revenus à l’énergie). Cela correspond à 9 % des logements ruraux, un chiffre édifiant.

Quelque 28 % des ménages dans les villages, hameaux et habitations isolées qui sont dépourvus de gaz naturel vivent dans la précarité énergétique, contre 12 % des ménages dotés de gaz naturel.

Il existe bien sûr un certain nombre d’explications. L’une d’entre elles, cruciale, est le nombre élevé de constructions en murs pleins, difficiles à isoler. Autres facteurs importants : les salaires des communautés rurales plus faibles que la moyenne et le problème de l’efficacité énergétique.

Étant donné la portée et la persistance de ce qui doit être amélioré, nous devons repenser notre manière de voir. Le bricolage ne sera pas suffisant.

L’une des solutions relativement simples pour répondre à la demande énergétique est de donner au milieu rural un accès aux mesures écoénergétiques déjà disponibles. Les programmes d’efficacité énergétique, financés par les factures d’énergie, ne sont généralement pas accessibles aux personnes souffrant de précarité énergétique et résidant dans des foyers difficiles à chauffer. Les cibles principales sont les concentrations urbaines plutôt que les utilisateurs ruraux dispersés.

Pour les fournisseurs d’énergie, les zones urbaines étaient la manière la plus simple de répondre à leurs obligations de réduction de la précarité énergétique. La consultation sur l’Objectif de réduction des émissions de carbone de l’État représente la prochaine opportunité de montrer qu’il y a un engagement réel envers les ménages ruraux mais les mesures comprendront une priorité sur les constructions en murs pleins, qui n’était pas comprise dans la version non définitive de la consultation.

En ce qui concerne l’alimentation énergétique, les énergies renouvelables représentent également une grande opportunité pour les communautés rurales. Mais il faut sensibiliser le public. Installer une pompe à chaleur dans une construction en murs pleins mal isolée est une erreur. Il faut des solutions différentes selon les ménages et les propriétés. Cependant, la plupart des installateurs se spécialisent dans une technologie particulière, plutôt que d’avoir une expertise dans l’application de la solution appropriée. Un conseil accessible et indépendant est nécessaire pour aider les personnes à prendre une décision avisée qui correspond à leur situation et leur type de maison.

Il y a eu un bon départ à County Durham, où une base de données est en cours de constitution, avec 239 000 propriétés domestiques, ce qui permettra aux ménages d’être ciblés dans les programmes d’écoénergie et de microcogénération. Alors pourquoi ne pas établir une approche communautaire qui rassemble l’ensemble des besoins, programmes de soutien et expertises (peut-être une autorité locale), afin de s’attaquer à la précarité énergétique la plus lourde et avoir un impact réel ?

Certaines parties du réseau électrique rural sont particulièrement vulnérables aux charges lourdes qu’un ensemble de pompes à chaleur peuvent lui infliger, ce qui implique des mises à niveau coûteuses. De nombreuses parties du réseau électrique rural ne peuvent pas assurer une distribution significative.

Les énergies renouvelables sont toujours trop chères. L’une des solutions est d’agréger le niveau de demande d’une communauté. Dans les zones urbaines, cela peut impliquer qu’une rue entière envisage l’installation d’une option d’énergie renouvelable. Pourquoi ne pas imaginer tout un village rassemblé pour partager la sensibilisation et réduire les coûts globaux ?

Nous vivons une période importante, en particulier avec les tarifs d’alimentation qui évoluent le 1er avril. Mais cette période est également inquiétante : la « North East Commission on Rural Health » (Commission du Nord-est sur la santé rurale) montre clairement que le nombre de morts augmentent beaucoup plus dans les zones rurales qu’ailleurs en hiver. Malheureusement, il s’agit là d’un souvenir moins plaisant de mon grand-père.

Graham Russelldirecteur exécutifCommission pour les communautés rurales

Ce texte présente les opinions personnelles de son auteur

Source : http://www.utilityweek.co.uk/viewpoints/soapbox/living-beyond-your-means.php