Chaleur ou particules fines…

Les pics de pollution font à nouveau la une de l’actualité. Depuis plusieurs années, la pollution de l’air atteint tous les hivers des seuils alarmants. La voiture est une des principales causes de cette pollution, et plus particulièrement les moteurs diesel. Pour des raisons qui leur sont propres, les pouvoirs publics privilégient de longue date les voitures à moteur diesel, notamment en favorisant fiscalement le prix de ce carburant, en supprimant les accises sur le diesel et en avantageant les véhicules de société. De nombreuses voitures diesel figurent même dans la liste des modèles qui bénéficient d’une prime pour faible niveau d’émissions. Or, ces voitures se distinguent peut-être par leurs émissions de CO2, mais certainement pas par leurs rejets de particules fines et de suie.

Les voitures ne sont cependant pas l’unique cause de la pollution de l’air. Le chauffage des maisons et des bâtiments s’effectue aussi par combustion de gaz, de mazout ou de bois. Le gaz est le combustible qui génère le moins d’émissions nocives. Revers de la médaille, le gaz n’est pas disponible partout, et généralement pas dans les zones rurales. Que la combustion se fasse au gaz ou au mazout, il est toujours essentiel d’optimiser l’efficience de l’installation. Les chaudières à haut rendement avec condensation garantissent une combustion optimale, et donc des émissions minimales. Combinées à une bonne isolation et à des habitudes de chauffe responsables, elles permettent de réduire considérablement la pollution de l’air.

Et le bois? Ici, deux éléments sont primordiaux: quel est le bois utilisé et de quelle manière est-il brûlé? La première précaution à prendre consiste à ne jamais brûler du bois traité, car les substances chimiques qui se libèrent lors de la combustion de ce type de bois polluent l’environnement. Utilisez donc du bois sec et non traité, voire des briquettes de bois pour le feu ouvert. Les bûches contiennent encore souvent un pourcentage élevé d’humidité, de sorte que leur combustion s’effectue à moindre température. Si vous abattez et fendez vous-même votre bois, il faut souvent attendre deux ans avant que vos bûches soient prêtes. Dans le cas des feux ouverts, l’alimentation en air est très importante et la cheminée doit être ramonée tous les ans.

Le spectacle offert par un feu ouvert est incomparable, mais il génère malheureusement beaucoup d’émissions en raison d’une combustion loin d’être optimale. Les cassettes comblent cette lacune, car la température de combustion y est plus élevée, le rendement meilleur et donc les émissions moindres. Mentionnons aussi les poêles scandinaves et les poêles de masse, dont le rendement est très élevé et qui diffusent une agréable chaleur rayonnante.  Avantage complémentaire, ils ne produisent que peu de poussières calcinées, ce qui est un des inconvénients majeurs des poêles en fonte et des brûle-tout. Or, ces poussières sont néfastes à la qualité de l’air ambiant.

Enfin, il convient de citer les chaudières et les poêles à pellets, dans lesquels les granulés de bois sont brûlés à des températures comprises entre 600 et 1000 degrés. Ce type de combustion est à ce point efficace que les émissions gazeuses et les cendres sont réduites à leur plus simple expression. Couplée à une gestion durable des forêts, la combustion des granulés de bois produit moins de CO2 que le chauffage au moyen de combustibles fossiles.

Comme on peut le constater, le nombre d’options disponibles ne cesse de croître, permettant à chacun de se chauffer de manière à la fois écologique et économique.

Steven Vromman

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